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La toponymie (l’origine des noms de lieux) est une science très complexe, parce qu’elle ne fait pas appel seulement à la linguistique (évolution de la langue), mais aussi à toute l’histoire passée d’une région où l’homme s’est sédentarisé depuis 6.000 ans.  

Si quelques noms ont été créés de toutes pièces au 19ème siècle pour les besoins du tourisme, la plupart sont bien antérieurs.(…)Il ne faut donc pas s’étonner si, au cours des temps, ces noms ont subi de très nombreuses déformations, orales ou écrites(…) 

Le terme général : Puy dérive du latin podium = colline, lieu surélevé. Il peut désigner toute hauteur, quelle que soit sa nature géologique, volcanique ou non (un puy peut être granitique ou calcaire). Le mot “mont” ayant le même sens, il convient d’éviter toutes les appellations du type “puy de Montchal” ou “puy Charmont”, qui constituent des doublets redondants. 

Chopine (puy) - Pain de sucre trachytique, dont la mise en place a été précédée d’une éruption explosive parmi les plus violentes de la Chaîne des Puys (âge : 9.500 ans). Anciens noms : Campina, 1313 ou Choupina, 1370 - Campina (devenu champina) peut être une allusion aux terres cultivables (latin campus) s’étendant à son pied. Choupina peut être une prononciation chuintée de soupina = mare (diminutif d’un mot gaulois suppe ou supia désignant un marécage), allusion au petit lac, actuellement disparu, signalé sur tous les documents anciens entre les puys des Gouttes et Chopine. Il peut y avoir eu confusion de deux toponymes initialement distincts. Dans les deux cas on devrait parler du puy de la Chopine, mais, en dépit d’une légende locale, la forme élancée de la montagne et la teinte lie-de-vin de certaines roches du sommet n’y sont pour rien. 

Côme (puy de) - Grand cône de scories, à double cratère emboîté, à l’origine d’une des plus volumineuses coulées de lave de la Chaîne des Puys (âge : 16.000 ou 11.600 ans). Nemus (= bois) de Cosme, 1234. Peut-être d’un nom d’homme gaulois Commos, ou latin Comus, attribué d’abord au bois, puis à la montagne. Mais pourrait aussi dériver du latin cumulus = sommet. Ou du latin communis =  bien commun, propriété commune : en effet, le domaine de Côme est demeuré jusqu’à la Révolution propriété de la communauté des moines bénédictins de Saint-Alyre à Clermont, qui y avaient édifié des bâtiments agricoles et une chapelle. 

Gouttes (puy des) - Grand cône de scories en partie détruit par l’éruption du puy Chopine. Strictement contemporain du premier Lemptégy, autour de 30.000 ans. Une Goutte (du latin gutta) est une source. Fait exceptionnel dans la Chaîne des Puys, ce volcan en comportait deux. L’une, dans le fer à cheval enserrant le puy Chopine, a longtemps alimenté un petit étang (la Choupina). L’autre, à l’extérieur du côté de Lemptégy, captée en galerie au 18ème siècle par les bénédictins de St Alyre, exploitants du domaine de Côme, alimente la « Fontaine des Pères ». Ces deux sources émergent à la faveur d’une faille importante sur laquelle s’alignent huit volcans, de Lemptégy à La Raviole.   

Lemptégy ou Lantégy (puy de) - Double cône de scories, âgé de 30.000 ans environ, totalement arasé par une carrière de pouzzolane ouverte en 1945 : c’est le «volcan à ciel ouvert». Les appellations anciennes : montagne d’Antezi  (1367), ou d’Antezil (XIII°-XV°s) montrent qu’il y a eu accolement d’article et qu’on devrait écrire : puy de l’Antégy. - L’origine est probablement dans une propriété foncière gallo-romaine, d’un nom d’homme latin Antius ou Anticius, qui aurait pu donner : soit Antici-acum (le champ d’Anticius) devenu Anticy, soit Antii-villa (la ferme d’Antius) devenu Antiville. 

 

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