Les différents types de Lave

Les laves de la Chaîne des Puys présentent une gamme de teintes qui va du noir au blanc crème en passant par toutes les nuances de gris. Cette variété des teintes traduit une diversité des compositions chimiques et minéralogiques. En fonction de leur composition chimique, on répartit ces roches en six classes (par ordre de teneur croissante en silice, soude et potasse, qui va de paire avec une teinte de plus en plus claire) : basanites (rares), basaltes, trachybasaltes (laves les plus abondantes de la chaîne), trachyandésibasaltes, trachyandésites, trachytes. La lave la plus évoluée (on dit : « différenciée ») de la chaîne est à la frontière des trachytes et d’une septième classe : celle des rhyolites. Le tableau ci-dessous récapitule la composition chimique de ces six classes, sur des exemples pris dans l’environnement de Lemptégy. Mais il convient d’insister sur le fait qu’il existe tous les intermédiaires et que les coupures sont purement conventionnelles. L’échelle des teintes est valables pour les laves massives, mais par pour les projections (scories).

La viscosité d’un magma, donc sa plus ou moins grande facilité de laisser s’échapper ses gaz, est essentiellement conditionnée par sa température, qui elle-même reflète son temps d’ascension, et donc indirectement sa composition chimique. Ainsi les magmas les plus pauvres en silice (comme les basaltes), qui sont à la fois les plus chauds (1100 à 1200°) et les plus pauvres en gaz, sont généralement caractérisés par une activité faiblement explosive. Au contraire, les magmas les plus riches en silice SiO2 (comme les trachytes), qui sont à la fois les moins chauds (800 à 900°) et les plus riches en gaz, manifestent une activité violemment explosive.

Cette variété de nature de lave est d’ailleurs inexistante au moment de la formation du magma dans le manteau supérieur terrestre, à 80 Km sous nos pieds. Au départ, il est basaltique. Ce n’est que lors de la remontée jusqu’à la surface que ce matériel en fusion subit deux transformations :
Une cristallisation partielle (car le magma se refroidit). Les cristaux néo-formés sont plus pauvres en silice que le magma parent, le liquide résiduel s’enrichit donc en silice en plus des gaz. L’évolution du magma sera progressive au cour de sa remontée, et sa composition chimique au point de sortie nous renseigne sur la profondeur approximative de la chambre magmatique où il était stocké précédemment.