Les Cônes de Scories

Edification d’un cône de scories

              

Les cônes de scories, et les coulées de lave qui les accompagnent, sont engendrés par des magmas de composition basaltique à trachyandésitique. Émis à des températures de l’ordre de 1000 à 1150°, ils sont fluides. Ce sont les plus communs, et les cônes sont donc les édifices les plus abondants.

Les gaz se séparent du magma en formant des bulles qui augmentent de taille avec la baisse de pression. A leur arrivée au sommet du conduit éruptif, ces bulles éclatent, projetant rythmiquement des paquets de lave incandescente dans les airs.

L’accumulation de ces projections autour du point de sortie édifie peu à peu un cône circulaire à cratère central, dont les pentes n’excèdent pas 30 à 35° (pente limite d’un talus d’éboulis). L’édification d’un cône de 200 à 300 m de hauteur et 1 km de diamètre s’effectue en quelques semaines à quelques mois, mais son activité peut exceptionnellement se prolonger quelques années.

On parle pour les cônes de scories de la Chaîne des Puys d’éruption effusive, de « dynamisme effusif » ou d’éruption de « type strombolien« .

Les projections : scories et bombes volcaniques

La majorité des fragments projetés sont contournés, hérissés d’aspérités, sans forme définie. Tous ces éléments sont bulleux, et leur densité est supérieure à 1. Ce sont les scories. Les projections laviques sont définies en fonction de leur calibre (D = Diamètre) :

  • D > 64 mm blocs
  • 2 mm < D < 64 mm lapilli
  • D < 2 mm cendres

Les bombes sont des blocs qui ont acquis une forme particulière selon la viscosité de la lave, leur trajectoire dans les airs, leur atterrissage et leur mode de refroidissement.

Les bombes en fuseau se sont vrillées et étirées en tournoyant dans les airs.

Les bombes en bouses de vache s’étalent au sol après une courte trajectoire.

Les bombes en boule s’étoffent de couches de roches concentriques au fur et à mesure des allers-retours effectués dans le cratère.

La surface boursoufflée de la bombe en chou-fleur traduit un choc thermique en contact avec de l’eau.

La bombe en croûte de pain est l’apanage des roches trachytiques des dômes.

Scories cœur de cône et scories bas de cône

La teinte normale des scories est noire ou gris sombre.

Mais par oxydation du pigment ferreux au contact de l’oxygène de l’air, alors qu’ils sont encore à haute température (plus de 600°), les matériaux du « cœur de cône » acquièrent une teinte rouge caractéristique.

Tandis que sur la périphérie, dans le « bas de cône » trop froid pour s’oxyder, ils conservent leur teinte originelle.

Les coulées de lave

Vers la fin de l’éruption, alors que le magma s’est séparé de l’essentiel de ses gaz, la lave sort de façon passive, sous forme d’une coulée qui s’insinue à la base du cône et s’épanche plus ou moins loin, à la vitesse du pas de l’homme. En se refroidissant et se solidifiant, la lave incandescente devient une roche noire à grise : basalte, trachybasalte ou trachyandésite. Ainsi les scories, rouges ou noires, et les roches massives ne sont-elles que des formes différentes de la même lave, qui reflètent ses divers modes de mise en place.

Il arrive fréquemment qu’une coulée, en sortant en-dessous du cône, le déstabilise et en entraîne une partie sur son dos (ce fut le cas des deux volcans successifs de Lemptégy). Plus rarement, l’émission de la coulée s’effectue dès le début de l’éruption, empêchant la construction du cône d’un côté (cas des puys de La Vache et Lassolas). Dans un cas comme dans l’autre, on obtient un cratère dissymétrique, ébréché ou ouvert d’un côté, dit « égueulé».