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Le puy de Lemptégy pouvait apparaître comme une exception
notoire, puisqu’il comporte deux volcans. Mais si l’on essaie de
regrouper toutes les observations dans un schéma cohérent, on s’aperçoit
qu’il n’en est probablement rien. En l’état actuel de nos
connaissances (et elles évoluent à chaque approfondissement de la carrière),
on peut proposer le scénario suivant : |
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Il
y a 30.000 ans (l’homme moderne venait de remplacer Néanderthal),pré-existait
sous nos pieds un double système de réservoirs magmatiques : profond
(probablement constitué voici 90.000 ans) et superficiels (probablement
installés à partir de 45.000 ans). |
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Scène
1 : Un magma monte du réservoir profond. Sa composition le place à
la limite des basaltes et des trachybasaltes, et il charrie d’abondants
fragments du toit de ce réservoir (granulites). Il déclenche en surface
l’éruption simultanée de deux volcans initialement jumeaux : Lemptégy
1 et Les Gouttes. Mais en même temps il vient réalimenter par le fond un
réservoir superficiel au repos, situé sous l’emplacement de Lemptégy,
et à la partie supérieure duquel un certain volume de trachyandésite
s’était déjà différencié. |
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SCENE
2: Le nourrissage du réservoir
superficiel provoque un déplacement
de blocs, qui coupe l’alimentation de Lemptégy 1. Mais l’éruption
des Gouttes se poursuit, ainsi que la ré-alimentation du réservoir. Le
toit de celui-ci est alors mis en pression, et le magma trachyandésitique
commence à monter. Cette poussée vers le haut provoque une distension à
la surface de la croûte : Lemptégy 1, précocement avorté, s’étire,
et se disloque, tandis que le puy des Gouttes continue à s’édifier. |
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SCENE
3: Le jeu de blocs se
poursuit. A son tour, l’alimentation des Gouttes est coupée, mais celle
de la base du réservoir continue. A son toit, le magma trachyandésitique
poursuit son ascension, et va déboucher en surface par l’éruption de
Lemptégy 2. |
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D’autres
scénarios sont possibles. Celui-ci nous apparaît comme le plus
vraisemblable. Il explique pourquoi il n’existe, entre les dépôts de
Lemptégy 1 + Les Gouttes et ceux de Lemptégy 2, aucune trace ni d’érosion
ou remaniement des projections, ni d’altération ou installation d’un
sol (il y a 30.000 ans, le climat hésitait encore entre le tempéré
froid et le glacial). Le temps qui les sépare est trop court : quelques
mois probablement, peut-être quelques années. Les deux volcans de Lemptégy
ne sont plus les témoins de deux éruptions distinctes, mais de deux
phases successives d’une éruption unique.